L’innovation dans les sports mécaniques

Les sports mécaniques, ce n’est pas seulement savoir qui ira le plus vite et franchira en premier la ligne d’arrivée.
C’est aussi, et surtout, un formidable laboratoire de Recherche et Développement.
Pour être le meilleur, il faut pousser l’innovation au maximum. Le mantra des sports mécaniques ? Keep pushing, que l’on pourrait traduire par « Toujours plus loin ».
Petit tour d’horizon des évolutions technologiques apparues d’abord en compétition avant d’être adoptées (et adaptées) sur la route.

Les commandes au volant : ne faire qu’un avec sa voiture

Évolution technologique désormais courante que l’on retrouve sur des voitures de tous les segments, les commandes au volant on fait leur première apparition en Formule 1.

La Scuderia Ferrari introduit en 1989 la palette de changement de vitesse au volant sur sa monoplace (même si Mauro Forghieri, directeur technique, expérimente une transmission semi-automatique dès 1979, testée par Gilles Villeneuve lui-même). En 1997, elle propose en option pour la F 355 la boîte séquentielle Formule 1 avec commandes au volant. Elle pousse l’innovation encore plus loin avec son célèbre Manettino qui fait son apparition en 2004 sur la F430 et désormais inclus sur toutes les Ferrari modernes. Le Manettino permet de régler la suspension, le contrôle de traction, le différentiel électronique et la vitesse du changement de rapport.

L’ancêtre du Manettino !

Desmosedici RR : de la piste à la route

RR pour Race Replica. On ne peut pas faire plus clair !

En 2003, Ducati présente sa nouvelle monture pour le championnat de MotoGP™ : la Desmosedici. À son guidon, Loris Capirossi remporte le Grand Prix de Catalogne à Barcelone. La Desmosedici RR est la version routière de cette bête de course (que ce même Capirossi a poussée à la vitesse maximale de 332,5 km/h sur le circuit du Mugello lors du Grand Prix d’Italie, ce qui lui valut la 2e place). Produite entre 2007 et 2008, en édition limitée (d’abord à 400 puis à 1500 exemplaires), elle est équipée d’un moteur 4 temps avec 4 cylindres en V à 90°, pour une cylindrée de 990 cm3 et une puissance de 200 chevaux.

Michelin : le pneu made in France

On ne présente plus Michelin, l’un des plus grands manufacturiers de pneus au monde, fondé en 1889 à Clermont-Ferrand (Auvergne). Michelin a fourni, et fournit encore, ses pneus aux plus importants championnats supervisés par la FIA et la FIM.

Ici aussi, la compétition est cruciale pour le développement des produits de route. Présent aux 24 Heures du Mans depuis la course inaugurale de 1923, Michelin a utilisé le circuit de la Sarthe comme banc d’essai pour ses évolutions technologiques : du pneu démontable en 1923 au pneu haute performance en 1978, en passant par le pneu radial breveté dès 1946.

Un bon pneu peut tout changer

La Smart Jacket de Dainese : l’évolution qui sauve des vies

Depuis ses débuts en 1972, Dainese collabore avec les pilotes du Championnat du monde de moto afin d’améliorer la sécurité des motards, sur la piste comme sur la route. La première véritable expérimentation fut la combinaison de Giacomo Agostini en 1975. Suivront ensuite Barry Sheen et le perfectionnement des dorsales, Max Biaggi et les premiers gants en fibres de carbone et Kevlar.

L’une des innovations les plus emblématiques de cette philosophie est la Smart Jacket. Ce vêtement sans manches et pliable est doté de la technologie Dainese D-air®, un airbag utilisé par les pilotes du MotoGP™ qui protège les dos et les points vitaux.

Bonus : la Formule 1 participe à l’effort collectif pendant la pandémie de Covid-19

Le confinement a mis le monde à l’arrête et la Formule 1 n’a pas fait exception. Mais les équipes ne se sont pas tourné les pouces : elles ont mis leurs compétences techniques en ingénierie au service de la communauté.

En Italie, Ferrari s’est associée à l’Institut Italien de Technologie de Gênes pour créer un respiratoire artificiel dont le brevet a été mis à disposition librement. En Angleterre, où la majeure partie des écuries ont leur quartier général, c’est le projet Pitlane qui a vu le jour. Les sept équipes basées au Royaume-Uni ont mis leur savoir-faire acquis en Formule 1 (comme la conception rapide ou la fabrication de prototype) pour contribuer à une commande de +20 000 appareils d’assistance respiratoire. Mercedes a été en mesure de fabriquer, en collaboration avec l’University College de Londres, jusqu’à 1000 respirateurs par jour en utilisant les machines qui servent habituellement pour les pistons et les turbos des moteurs de F1.

L’esprit de compétition pousse les constructeurs et les manufacturiers à se dépasser.
Moto, casque, voiture, pneu, airbag, etc., la route ne serait pas aussi sûre sans les innovations technologiques qui ont d’abord vu le jour en course. Quelle sera la prochaine trouvaille des écuries ?


Crédits photo :

  1. Photo de Debby Hudson sur Unsplash
  2. Photo de Obi – @pixel9propics sur Unsplash
  3. Photo de Edwin Hooper sur Unsplash

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