Les coulisses de la traduction

La traduction est essentielle. Elle est partout, mais personne ne s’en rend compte. Pensez à la dernière déclaration de votre pilote italien préféré, au compte-rendu d’une course que vous avez lu, à la biographie sur un héros de l’automobile que vous avez dévorée. Si vous avez pu lire ces articles en français, c’est grâce à la traduction.

Métier de l’ombre, elle reste un processus inconnu pour les non-initiés. Faites une authentique plongée dans les coulisses de la traduction, où vous découvrirez chaque étape qui permet de passer d’un texte en version originale à un texte dans la langue de votre communauté.

Avant : se familiariser avec le texte

Le travail d’un traducteur se découpe en 3 temps : avant, pendant, après.

Il faut dans un premier temps préparer le texte : même s’il l’a déjà lu le texte au moment d’établir le devis, le traducteur va littéralement le décortiquer, repérer les termes inconnus ou pouvant poser problème, définir le contexte, s’imprégner du style et du ton. D’abord le vocabulaire. Il s’agit de rechercher tous les termes encore inconnus et qui ne sont pas dans la base terminologique du traducteur. Il va également consulter ses ouvrages spécialisés pour avoir sous les yeux les schémas dont il a besoin. Internet est aussi un outil fondamental, par exemple, pour retrouver le compte-rendu détaillé d’une course.

Pendant : plongeon dans la traduction

D’abord, le traducteur sort sa boîte à outils. La plupart des linguistes ne travaillent pas directement sur un traitement de texte : ils utilisent un logiciel de Traduction Assistée par Ordinateur (TAO). Ce logiciel découpe le texte en segment (qui peut comprendre une seule phrase ou un paragraphe) et le disposer dans deux colonnes : d’un côté la version italienne, en face les phrases françaises correspondantes. Il va également enregistrer le travail dans une mémoire de traduction. Si la mémoire repère des phrases identiques (même partielles), elle va les proposer au traducteur : à lui d’adopter les propositions, de les adapter ou de les rejeter. La mémoire de traduction est extrêmement utile dans le cadre d’une longue collaboration : elle permet de retrouver les termes choisis (et validés par le client) et de les réutiliser. Ainsi, l’ensemble de la communication est cohérent et homogène.

Le traducteur peut ajouter à son logiciel de TAO une base terminologique, c’est-à-dire un glossaire bilingue qu’il a constitué au fil de ses différentes prestations. Elle comprend les termes italiens et leurs traductions en français. Il est également possible d’ajouter des notes (par exemple sur les différentes traductions potentielles selon le contexte) ou des sources.

Glossaire, logiciel de traduction, correcteur orthographique : les outils essentiels du traducteur

Il est venu le temps de la traduction. Après tout ce travail de préparation, c’est enfin le moment de traduire. Combien de temps faut-il au traducteur pour produire un texte prêt à être publié ? Il est difficile de donner une réponse précise : on compte généralement 1500 mots traduits/jour. Plus le traducteur est spécialisé, plus il sera rapide dans son travail. Par exemple, un expert dans les sports mécaniques sera déjà familiarisé avec les termes techniques et le temps dédié à la recherche sera réduit.

Après son premier jet, le traducteur va concevoir son fichier Q&A (Questions & Réponses) : un fichier où il va noter ses questions, proposer des suggestions et l’envoyer au client. Le fichier Q&A est un rouage essentiel du processus de traduction, car il permet d’améliorer le texte. En attendant les réponses, le traducteur ne se tourne pas les pouces, il passe à la phase la plus délicate de son travail : la correction du texte.

Après : le traducteur sort son stylo rouge

L’heure de la correction a sonné !

Le premier jet n’est que le brouillon de ce qui deviendra le texte final : il n’est pas publiable en l’état. Vient le temps du travail le plus minutieux, la correction. Elle se divise deux étapes différentes : la relecture et la révision.

La relecture bilingue se fait en relisant la traduction française et en la comparant au texte italien.

Elle permet de confirmer que le vocabulaire choisi est le bon, qu’il n’y a pas de contresens ou de faute de grammaire (quitte à ressortir le Grevisse !). Le traducteur vérifie également que les notions traduites correspondent bien à la réalité, quitte à se replonger une dernière fois dans ses ouvrages spécialisés et sa documentation. C’est aussi le moment de ce qu’on appelle dans notre jargon la localisation, c’est-à-dire l’adaptation du texte aux normes (orthographiques, typographies, culturelles) françaises. Par exemple, mettre les espaces insécables devant un point d’exclamation, un point d’interrogation, des guillemets, etc. Il est également important d’adapter son texte à la culture du pays de réception : une référence qui ferait mouche en Italie pourrait laisser le public français pantois. Ici, le traducteur fait appel à sa culture générale sur les pays de ses deux langues. Il doit évidemment s’intéresser à son domaine de spécialité, mais aussi à ce qu’il se passe dans le pays. En somme, savoir qui est Valentino Rossi (champion MotoGP™) et Sergio Mattarella (président de l’Italie).

Dernière étape : la révision finale.

Avant la révision finale, le traducteur va implanter les réponses de son client contenues dans le fichier Q&A. Dans un monde idéal, cette révision s’effectue 24 h après la traduction. « Laisser reposer » le texte et y revenir 24 h après permet de relire le texte une dernière fois avec un regard neuf. La révision finale est unilingue, c’est-à-dire qu’elle s’effectue uniquement sur le texte traduit, la version française. Lors de cette dernière révision, les changements sont minimes. Elle se concentre principalement sur le style. Il s’agit de le lisser, de le rendre le plus fluide possible pour atteindre l’objectif ultime de tout traducteur : que le lecteur ne se rende pas compte qu’il lit une traduction. Après la révision finale, le traducteur sort son arme ultime : le correcteur orthographique et typographique. Pour corriger des erreurs grammaticales, orthographiques ou typographiques qui auraient échappé à son œil de lynx.

This is the end : la livraison

Son travail fini, le traducteur envoie le texte finalisé au client. Et ensuite ? Le traducteur reste bien entendu à la disposition de son client si ce dernier a des question ou besoin d’éclaircissement. Un changement dans le texte (et on sait pertinemment que les communiqués de presse ont tendance à être remaniés jusqu’à la dernière minute) ? Pas de panique, vous pouvez toujours compter sur votre traducteur préféré. Le service après-vente existe aussi en traduction !😉

Un traducteur spécialisé dans les sports mécaniques est un passionné, d’abord des mots, mais aussi de son domaine de prédilection. Et si la traduction peut paraître ennuyeuse sur le papier, pour lui, traduire est un plaisir renouvelé chaque jour.

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